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Amateur ou Pro ?

19 juillet 2017 par
C.S.P.P.
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Bonjour,

J’ai eu une discussion avec un bon copain hier, photographe amateur, en magasin, où il me parlait de photos qu’il avait faite d’amis, qu’il avait traité les images avant de leur donner les fichiers retravaillés mais de manière à ce qu’ils puissent faire ce qu’ils voulaient dessus. Ce à quoi je lui ai répondu : pourquoi ne leur donnes tu pas un tirage finalisé simplement ? C’est ton image, ta vision, ils n’ont pas à la modifier et de plus, un fichier, c’est du virtuel quelque part. Il m’a répondu : je ne suis pas professionnel.

Quelque part, en tant que photographe professionnel, j’ai aimé cette réponse laissant entendre que le professionnel fait un tirage, livre une photographie sur papier, mais pas l’amateur.  En tant que revendeur de tirages photographiques grand public … j’ai moins aimé.

A partir de cela, je vais dériver un peu …

Hormis le corporate, ou les entreprises ont besoin du fichier pour intégrer les images dans leur communication, ou les photographies de CV pour intégrer la photo sur le CV et les réseaux sociaux, quel est le besoin réel pour le client final d’avoir le fichier ?

En règle général, une seule réponse : les mettre dans leur téléphone, la tablette, voir sur la télé, ou l’écran de l’ordinateur. De temps en temps faire faire quelques tirages, pas trop chers, sur des bornes qui recorrigent automatiquement le fichier, détruisant ainsi le travail du photogaphe et présentant une mauvaise image de son travail.

Oui, mais le client les demande !

Devons nous donner des fichiers haute définition, quitte à lui permettre de refaire un post traitement complet de NOS images ? Et oui, un photographe est un auteur et ce sont avant tout nos images, même si le client est dessus.

Qui dit auteur, dit droit d’auteur ! Le droit d’auteur facture une image en rapport à son utilisation : un magazine, le nombre d’exemplaire édité, la taille dans la page … Les artisans réalisent une photo pour un usage personnel, non publié, à usage unique et dont les utilisateurs n’en gagneront pas d’argent. La photo pour une entreprise sera déjà différente en terme d’usage, de même la photo pour les réseaux sociaux qui correspondent à de la publication.

Devons nous mieux valoriser la prestation de prise de vue et de création, et minorer nos prix de retirages, généralement aptes à décourager le client de faire des tirages chez nous ?

Devons nous avoir deux catégories de tirages ? Papier d’art et papier photo ordinaire ?

Oui, mais le client les demande !

Je sais, je me répète, mais le client vient avant tout demander une photographie quand il vient chez un photographe !

Dois je accepter de faire des remises, de faire des cadeaux, de faire du gratuit aussi simplement parce que mon client le demande ?  Certainement pas !

Il peut être agréable de faire du gratuit, cela fait souvent plaisir au photographe qui accepte de le faire, c’est agréable de « rendre service », de faire du social. C’est bon pour l’ego PERSONNEL du photographe, mais le photographe, souvent , c’est aussi l’Entreprise! L’Entreprise a t’elle les moyens et le devoir de faire du gratuit, juste pour le plaisir ? Avons nous si peu de demande qu’une photo, même gratuite, nous donne l’illusion d’être photographe professionnel, alors qu’au contraire …

Maintenant, fournir les fichiers peut être un choix économique d’éviter la perte de temps de la vente et de la réalisation de tirage, mais en ne gardant aucun contrôle de ce qui pourra être affiché au mur avec notre nom dessus.

Aussi bête que peut sembler cette remarque, elle est l’un des points importants sur les questions à se poser sur la photographie et cela ramène à une autre question primordiale :

Etes vous des techniciens de la photographie, dont le travail est fini à la livraison des images, images que, une fois livrées, vous effacez de vos disques durs car elles n’ont plus d’utilités à être gardées, même pour vous, ou êtes vous des artistes, sans exagération, dont chaques images porte un peu de vous en elle …  C’est un choix de métiers.

Il est certainement temps de se poser des questions sur les schémas  de valorisation de notre profession, sur la manière de facturer, de comment facturer tel ou tel type de prestation, de « que livrons nous à nos clients ? « . Il ne s’agit pas de faire une entente sur les prix, interdite par la loi, mais de bien réfléchir au comment facturer, que facturer, afin de redonner un peu de clarté et certainement de rentabilité à nos entreprises.

J’avais prévenu que j’allais m’éparpiller, mais, à bien y réfléchir, pas tant que cela.

Stéphane Riou
présidence de la Chambre Syndicale de la Photographie Professionnelle (C.S.P.P.)

C.S.P.P. 19 juillet 2017
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