Les programmes des candidats :
Qu'est ce qu'un syndicat ?
Un syndicat est un groupement de personnes physiques ou morales pour la défense ou la gestion d'intérêts communs. Un syndicat patronal, comme le GNPP, va défendre les droits des photographes entrepreneurs au niveau du droit du travail (ou droit AU travail), des droits et obligations générales de la profession, des conditions de travail, de la formation, et de la place de la profession dans la société.
J'ai la chance de pouvoir discuter régulièrement avec des responsables de la photographie et au moment du clash avec la Fédération Négoce Photographique (accord FNP+GNPP = Confédération Française Photographie), il y a un peu plus d'un an, j'ai eu droit à cette réponse : le GNPP a de l'argent pour faire des concours mais n'est pas présent pour défendre la profession.
ET c'est malheureusement vrai.
Le dernier combat réel de la profession a été la photo d'identité (et ce n'est pas terminé encore). Ont été présent à ce combat majoritairement la FNP et Photomaton. LE GNPP n'a été présent à aucune réunion avec le ministère malgré qu'il parlait beaucoup en interne de ce combat. Il y avait peut-être des concours à gérer ?
J'ai une adhérente qui a un problème de concurence déloyale avec une association financée par des fonds publics. Elle a appelé le national qui lui a répondu : ce n'est pas un problème de droit du travail, on ne peut rien faire. QUI peut faire quelque chose alors ? Zorro ? Hélas, Zorro était en noir et blanc, il a pas passé la couleur et encore moins le numérique. Je pense que si mon adhérente veut faire un concours, elle sera reçue à bras ouverts.
Les deux programmes présentés ne me plaisent pas. Sur le fond, et sur la forme. Changer de nom pour y mettre syndicat afin que nos partenaires nous connaissent (nous reconnaissent ?) La CGT c'est quoi ? La CFDT, c'est quoi ? Ont ils besoin d'accoler le mot syndicat pour qu'on sache que se sont des syndicats ? Non, ils font un travail de syndicat.
Changer de nom pour valider un changement de direction et de cap ? Groupement des Concours Photographiques de France ? Des membres à plusieurs vitesses ? Si les concours coutent si chers, une seule adhésion 200-250 Euro et les concouristes payent leurs frais réels de concours. Une adhésions à 50 Euro ? 500 adhérents ? Soyons fous, tripplons la mise : 1500 adhérents à 50 Euro, on couvre pas les frais du syndicat, on a aucun moyens de défendre la profession. On fera acte de présence et ce n'est pas de cela dont nous avons besoin.
Avoir une équipe de direction menée par des gens démissionnaires dès qu'ils se retrouvent confrontés à des difficultés, à des oppositions à leurs idées ? Non merci ! Je veux pour me défendre des gens qui ont la rage d'aller de l'avant et qui ne se mettent pas en retrait. Des gens qui n'ont pas peur d'exprimer clairement leur idées mais qui sont prêt à écouter celle des autres. On va me répondre que mon courrier est une jolie marque d'intolérance au niveau idées ? Peut-être, mais quand je vais chez le boulancer patissier pour acheter un gateau et qu'il me propose une baguette, j'ai des bonnes raisons de me plaindre.
Le pire des programmes, à mon avis, est celui de Jean Félix, qui était élu au commande avec un autre programme il y a 9 mois, qui était en place pour faire les réformes qu'il voulait faire et qui a baissé les bras. Son bureau ne l'a pas suivi ? Le bureau nous représente aussi et pas que le président. Il nous présente un programme "non négociable"? Nous devons donc être en accord à 100% et nous taire ?
Un groupement de concours à la place d'un syndicat ?
Jean Félix, quand nous nous sommes rencontré au salon de la photo l'année dernière, je te croyais syndicaliste !
Une inscription à 50 Euro pour avoir la défense du syndicat régional (pas national ?) 225 pour des remises sur concours ? Ils sortent d'où ces tarifs, sur quelle base économique ?
Mise en place d'un bilan de compétence pour les nouveaux adhérents ? Et les anciens ? Tu as un QEP Jean Félix, mais si on regarde les photos que tu exposes sur ton site pour les autres activités, tu pourrais ne pas passer le bilan de compétence. J'ai des "petits nouveaux" en Ile de France qui sur leur site sortent du haut de gamme.
Un allègement en personnel ? Deux personnes salariées au GNPP national, une secrétaire à mi-temps, l'autre notre Directrice Générale nommé par un bureau dont tu faisais parti. Si c'est pour des raisons budgétaires, il faut virer la personne la plus onéreuse, mais aussi la plus décisionnaire ? Y'a pas un problème là ?
Bernadette, le syndicalisme ne se résume pas à la manipulation des bébés. C'est bien d'en parler, c'est le poste le plus long de ton programme. Cela va pouvoir nous faire une ouverture pour avoir de nouveaux adhérents, ces nouvelles mamans qui, sous pretexte qu'elles viennent d'avoir un bébé, deviennent photographes spécialisées bébé car elles ont un modèle sous la main.
Une association de consommateur : qui sont les consomateurs ? Les photographes ou nos clients ? Nous ne sommes pas des consommateurs, nous sommes des producteurs, des créateurs !
La rigueur budgétaire en tant que proposition d'un programme ! Cela me semple tellement évident qu'une organisation telle le GNPP ait une rigueur comptable, budgétaire que je n'aurai jamais pensé en faire un argument. Pour info, je ne dirai pas de chiffre de peur de me tromper, mais le GNPP a validé l'achat du mobilier du GNPP au siège (tables, chaises et bureau) achetés par l'UPP, pour une somme, qu'y a t'il après ASTRONOMIQUE ?
un site d'informations juridiques, techniques, etc... ouvert à tous les photographes, c'est cool ! En fin de compte, je n'ai pas besoin d'adhérer pour avoir les infos nécessaires à mon activité ? Et puis c'est bien, il y en a d'autres qui paieront pour moi pour tenir ce site. Si nous étions 3000 adhérents pourquoi pas ! Mais à 500 ...
Jean-Félix, ton programme parle à des photographes, il est riche en concours, en "reconnaissance", en bling-bling, c'est très "artistes". Bernadette, ton programme est un programme de syndicat régional. Il manque encore un peu d'envergure.
Eho ! On se réveille ! Madame, Monsieur les candidats, on est pas au pays des bisounours. Vous postulez à la direction des syndicats régionaux de la photographie de France, vous n'êtes pas au club des joyeux photographes dans le prochain épisode des bisounours. Des gens paient pour défendre leur métier, leurs droits. Respectez au moins cela. Vous ne vous adressez pas à des photographes, vous vous adressez à des chefs d'entreprise, qui sont confrontés à des problèmes de concurence déloyale, de fraude, de non-respects de droits d'auteurs, de problèmes de fiscalités, de choix de statuts et de visibilité et bien d'autres choses encore.
Si je devais voter aujourd'hui, je serai limité en fin de compte à deux choix :
Le programme de Bernadette, pour pouvoir faire avancer les choses quand même, et permettre au bureau directeur, les présidents de régions, d'intervenir pour "corriger" ce programme. Il ne semple pas que le programme de Bernadette soit "non négociable".
Mon deuxième choix serait plus radical. Le GNPP Ile de France quitterait le Groupement National pour redevenir la Chambre Syndicale de la Photographie Professionnelle, créée pour défendre les photographes. Elle reprendrait son indépendance et pourrait se consacrer à la défense de la profession sur d'autres voies. Ce choix ne peut qu'être validé en assemblée générale qui aura lieu en début d'année, laissant ainsi 3 mois environ à la nouvelle équipe pour démontrer sa légitimité à diriger un groupement syndical.
Je n'ai pas détaillé tous les points des programmes, mais je suis concient que le travail au national est difficile, que l'on se retrouve très vite "en groupe entre potes" par manque de communication avec nos adhérents. Un élu représente une région, pas un courant de pensée, pas un style photographique. Un élu n'a de valeur que pas les échanges avec ses électeurs, les membres de son groupement, par la collecte de leur envies, le tri. Il se doit d'être force de proposition, mais il doit inciter ses confrères à être aussi force de proposition car nous sommes tous dans le même bateau, à ramer contre les vents contraires, à lutter contre les pirates que sont la fraude, l'ininformation (pas sûr que ce mot existe), la méconnaissance des droits et ce n'est pas parce que le capitaine du vaisseau décide de changer la couleur de la voile que les choses iront mieux.