Ce week-end, de nombreuses discussions ont eu lieu entre la FNP (notre syndicat spécialisé photographie), le CDCF (Conseil des Commerces de France), la CNAMS (Confédération nationale de l’artisanat des métiers de service et de fabrication), l’U2P (Union des entreprises de proximité), les partenaires sociaux et l’Etat.
Voici un résumé à aujourd’hui, aptes à vous faire reprendre vos activités dans les meilleures conditions, communiqué lors de notre réunion visio hebdomadaire d’hier, résumé ici pour ceux qui n’ont pu y assister.
Dès l’annonce du confinement, les réunions ont commencées afin de déterminer les différents problèmes posés entre les différentes fédérations et l’Etat. Certaines n’étant pas touchées par ce nouveau confinement, d’autres, de services similaires voyant leurs commerces fermés. Les mesures présentées jeudi dernier ressemblaient plus à un ensemble de cas par cas sans vision d’ensemble. La photographie faisant partie des commerces et activités non essentielles.
Les réunions ont portées d’abord sur la possibilité de faire passer la photographie en activités essentielles. Essentielles ne serait-ce que pour la partie identité.
Cette option a été rejetée rapidement au niveau de l’Etat, malgré le déploiement actuellement des nouvelles cartes d’identités dans un département actuellement confiné.
Restait la solution de pouvoir travailler confiné mais sur rendez-vous. L’ouverture du concept se faisant sur la prise de vue d’identité sur rendez-vous, et le clic-and-collect pour les ventes de matériel et de travaux photos ou la remise des travaux finalisés des prises de vue. De l’identité, il aurait été possible de passer au portrait…
A hier, la finalisation de ces entretiens permettrait d’augurer en fin de compte une ré-ouverture de tout les commerces. Les décisions seraient prises à 99% au niveau des ministères. Reste à avoir la validation au plus haut niveau, Hotel Matignon et Palais de l’Elysée. Les annonces devraient avoir lieu mercredi ou jeudi soir.
Tout ceci reste malheureusement au conditionnel mais laisse entrevoir une perspective plus heureuse que 4 semaines minimum d’inactivités.
ATTENTION ! Toutefois, cela ne règle pas le problème sanitaire actuel en France. L’épidémie est en train de s’accentuer, les hôpitaux arrivent à saturation et il faudra bien faire en sorte de bloquer cela. Le confinement est, actuellement, la seule solution rapide permettant de limiter cette progression et d’alléger la pression dans nos hôpitaux. La vaccination, elle, demande des doses et du temps.
Il est a craindre une autre proposition de confinement dans les jours à venir. Le but du confinement est de limiter au maximum les déplacements et croisements de population. Dans ce cas, il est prioritaire, si on s’en tient au bon sens, de limiter les regroupement dans les centres commerciaux, créant un brassage important de personnes, et de permettre aux commerces hors centre de rester ouvert, ceux-ci pouvant travailler en flux réduit et controlé, sur rendez-vous si nécessaire et/ou en click and collet. Cela permettrait de limiter les aides versées ou, du moins, de les attribuer de meilleures façons à ceux qui seraient complètement fermés. Cela permettrait aussi de garder un minimum d’économie pour notre pays. C’est la vision défendue par la CSPP, consciente des besoins de restrictions à mettre en place mais consciente aussi de l’inégalité des commerces quand à leur fréquentation et aux risques sanitaires encourus dans des structures fermées à fort passage.
Un commerce de rue, travaillant sur rendez-vous ou en nombre très limité de clients à l’intérieur, respectant ainsi fortement les règlementations en vigueurs a un très faible risque de contamination. Une boutique en centre commercial peut appliquer les mêmes règles de protection, et avoir son local commercial sécurisé au niveau sanitaire, la galerie marchande où elle est située sera la cause de regroupement et de côtoiement de milliers de personnes par jour.
Peut-être que l’Etat pourrait, en amont, consulter les organisations professionnelles plutôt que de passer en négociations d’affrontement après les prises de décisions.
Pour des commerces ou des petites structures individuelles, la valeur d’une entreprise est sa clientèle, et pas que le CA réalisé, compensé éventuellement par des aides. Un magasin fermé perd son flux de clientèle et, même si les aides l’ont maintenu pendant la fermeture, il subira un contrecoup pendant plusieurs mois de par cette rupture du flux de clients. Ces clients, privés de leurs magasins habituels vont se diriger naturellement vers l’Internet, vers des commerces en ligne dont les activités ne profiteront pas à notre pays.
Stéphane Riou
président de la Chambre Syndicale de la Photographie Professionnelle